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Mobilisation : les règles du jeu doivent changer

Le peuple a brisé la psychose de peur implantée par les gangs armés du pouvoir et la police.  La population haïtienne ne se laisse pas intimider par les menaces du chef du G9 en familles et alliés, Jimmy Chérisier.  Elle a foulé le macadam en grand nombre dans différentes villes en Haïti, pour demander le départ de Jovenel Moïse du Palais National.

Des milliers de personnes ont manifesté dans plusieurs villes en Haïti, le samedi 17 octobre 2020 pour exiger le départ du régime en place.  À l’initiative du Secteur Démocratique et Populaire, des milliers de manifestants ont gagné les rues dans diverses régions du pays, pour le 214e anniversaire de l’assassinat lâche du père fondateur de la nation, l’Empereur Jean-Jacques Dessalines, et pour réclamer le départ de l’équipe PHTK au pouvoir.

L’équipe PHTK et ses alliés n’ont ménagé aucun effort pour neutraliser cette manifestation, mais, ils ont échoué.  La mobilisation a eu lieu dans diverses villes du pays dont le Cap-Haïtien, les Cayes, Jacmel, Saint-Marc, Gonaïves, Port-au-Prince.  En marge des parcours, les manifestants ont réclamé une seule chose, le départ de Jovenel Moïse du pouvoir.

Repressions des groupes armés et la police

De nombreux incidents ont été enregistrés sur les parcours des manifestants, notamment au niveau de Delmas 48, 63 et 67 où des hommes armés ont ouvert le feu sur les manifestants.  À Delmas 48, plusieurs personnes sont blessées par balles, lorsque des individus armés, non identifiés, ont tiré sur les manifestants.

De plus, une voiture de police, immatriculée 1-301, a tiré sur les manifestants à Delmas 67, trois (3) personnes sont sorties grièvement blessées dont un policier du mouvement syndicat (SPNH).

À Delmas 95, des hommes lourdement armés, en civil, ont occupé l’espace empêchant les manifestants de traverser pour atteindre la commune de Pétion-Ville.  Ces individus non identifiables, masqués et lourdement armés, ont été aperçus sans être inquiétés par la police.

La Police Nationale d’Haïti (PNH) est intervenue plusieurs fois pour disperser des manifestants. Sur la route de Delmas où de nombreuses barricades avaient été érigées, la PNH a fait un usage abondant de grenades lacrymogènes, notamment au niveau de Delmas 48 et 67 où de nombreux coups de feu ont été tirés et où plusieurs manifestants ont été blessés.

Beaucoup de gens en civil, lourdement armés, dont certains encagoulés, n’ont nullement été inquiétés par les agents de la PNH, ont dénoncé, les manifestants, lors de la démonstration de l’opposition dans les rues, le samedi 17 octobre 2020.

Plusieurs personnes, blessées par balles lors de cette dispersion violente, ont été transportées d’urgence, à l’hôpital, par des sympathisants qui participaient à la manifestation à Port-au-Prince, laquelle a rassemblé des milliers de gens.

Dispersée par les forces de l’ordre, les manifestants n’ont pas pu atteindre Pétion-Ville ni le centre-ville de Port-au-Prince, comme prévu.  Plusieurs leaders de l’opposition dont Me André Michel, leader du mouvement du «Secteur Démocratique et Populaire, Paul Denis (INIFÒS), Edgar Leblanc Fils (OPL), Nenel Cassy (Fanmi Lavalas) les ex-sénateurs de l’opposition Ricard Pierre et Antonio Chéramy, entre autres, ont été aperçus parmi les manifestants.

Pour André Michel, la mobilisation a été un succès, affirmant : « nous sommes en route vers la transition.  Il n’y aura pas d’élections avec Jovenel Moïse au pouvoir, ni de cohabitation.  Son mandat constitutionnel prend fin le 7 février 2021 ».

Par ailleurs, une gerbe de fleurs a été déposée à la place Dessalines, au Champ-de-Mars, pour saluer la mémoire du Père fondateur de la nation, Jean-Jacques Dessalines, par le Secteur Démocratique et Populaire.

Nouvelle structure de l’opposition

En vue de forcer le président Jovenel Moïse à quitter le pouvoir et proposer une alternative de sortie de crise, 9 partis ou mouvements de l’opposition plurielle : « Ayiti An Aksyon » (AAA), Fusion des sociaux-démocrates, Mouvement chrétien pour une nouvelle Haïti (MOCHRENAH), Organisation du peuple en lutte (OPL), INIFÒS, INITE, Secteur Démocratique et Populaire, Vérité et Veye yo, se sont regroupés dans une nouvelle structure politique nommée : « Direction politique de l’opposition démocratique ».

Cette nouvelle structure, constituée d’organisations et/ou de partis politiques, dispose de deux missions :

– discuter avec les secteurs de la société pour proposer un plan de sortie de crise ;

– intensifier le mouvement visant à contraindre le chef de l’État à quitter le pouvoir le 7 février 2021.

« Poursuivre la bataille et discuter avec les secteurs », a déclaré Me André Michel, membre du Secteur Démocratique et Populaire, lors de la présentation de cette structure, le 15 octobre 2020, à l’hôtel Le Plaza.

Pour cette tranche de l’opposition, il n’y a pas à sortir de là, le président de la République doit tirer sa révérence le 7 février prochain, pour céder le pouvoir à un gouvernement de transition.  «Certains laissent croire que c’est l’opposition qui ne jure que par la transition.  En réalité, si nous sommes obligés d’en parler, c’est parce que Jovenel Moïse l’a voulu ainsi et l’a imposé à la société », soutient le coordonnateur de l’Organisation du Peuple en Lutte, Edgard Leblanc Fils. Selon l’ancien sénateur, le président devait réaliser sept élections, conformément aux dispositions de la Constitution qu’il a jurée de respecter.  (Mais il n’en a réalisé aucune).

Emmanuel Saintus

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