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Multiplication des actes et essoufflement de l’économie

Le gouvernement et le secteur privé des affaires ont procédé à la signature d’un mémorandum d’accord le mardi 22 septembre 2020, dans le but de faciliter la rentrée en application de l’arrêté du 19 septembre 2018, faisant obligation à tous ceux qui exercent un commerce ou effectuent des transactions financières sur le territoire national haïtien de libeller et d’afficher les prix des biens et services en gourdes. Pour aider les coopératives en difficulté et celles ayant besoin de financement afin de soutenir leur croissance, la Banque de la République d’Haïti (BRH) a procédé, le lendemain, le mercredi 23 septembre 2020, au Centre de convention et de documentation Antonio André, au lancement du Fonds de soutien aux coopératives d’épargne et de crédit (CEC). Une cotisation annuelle de 10% des trop-perçus réalisés par les coopératives d’épargne et de crédit agréées, fédérées ou non fédérées, constitue, à côté de l’apport des bailleurs nationaux et internationaux, la source principale d’alimentation de ce fonds.

Lors de la cérémonie de signature de cet accord qui s’est déroulée en présence du ministre de l’Économie et des Finances, Patrick Boisvert, du ministre du Commerce et de l’Industrie, Jonas Coffy, des représentants du secteur privé des affaires, entre autres, le Premier ministre Joseph Jouthe a présenté ce mémorandum comme une solution efficace pour faire face à la dépréciation de la gourde face au dollar américain. Pour le chef du gouvernement, l’objet de ce mémorandum peut se présenter en 5 points;

  • l’engagement des chambres de commerce et d’industrie ainsi que d’associations, signataires de cette présente, à demander aux entreprises commerciales et industrielles fonctionnant dans le pays, de prendre toutes les dispositions nécessaires, en vue de libeller toutes leurs transactions en gourde, ce, conformément au communiqué 004 du ministère du Commerce et de l’Industrie, en date du 31 août 2020;
  • l’engagement du gouvernement de la République de continuer dans la voie de la gestion rigoureuse des dépenses publiques, en vue de limiter le financement monétaire du déficit budgétaire qui est l’une des sources de l’instabilité du taux de change;
  • un consensus sur la spécificité de certains secteurs, comme l’assurance et le tourisme, nécessitant des considérations particulières en ce qui concerne la monnaie de règlement de certaines transactions;
  • la mise en œuvre d’un mécanisme de discussion inclusive, au plus haut niveau, pour réformer les secteurs vitaux de l’économie, afin de réduire le poids de la subvention de l’État dans ce secteur;
  • l’instauration entre le gouvernement et les chambres de commerce et d’industrie et les associations signataires du présent accord, d’un dispositif de dialogue permanant, touchant les grandes mesures d’accompagnement à prendre, concernant chaque secteur concerné.

Joseph Jouthe a expliqué que ce mémorandum est l’aboutissement d’un dialogue qui a démarré le 4 septembre 2020 et qui s’est poursuivi à travers des échanges continus, dans le cadre du processus d’élaboration du contenu des différents points énumérés précédemment.

Jean Baden Dubois, Gouverneur de la BRH, a affirmé : « le fonds de soutien aux coopératives a été mis au point, d’une part, pour aider les coopératives d’épargne et de crédit à renforcer leurs opérations et traverser le cycle économique difficile et, d’autre part, pour leur fournir un coussin de protection pour leurs opérations futures», annonçant que le fonds rentre en opération dans quelques semaines. Ce fonds de soutien aux coopératives d’épargne et de crédit qui a été créé selon les prescrits de la loi du 26 juin 2002, sera donc géré par la Banque de la République d’Haïti (BRH).

Au cours de la cérémonie de lancement, le Gouverneur a souligné l’importance des coopératives d’épargne et de crédit dans le milieu financier haïtien. «Aujourd’hui, nous comptons plus de 1 164 853 sociétaires dans les coopératives. Ce sont tous des actionnaires. Quand la coopérative fait des profits, ils le font aussi. C’est le parfait exemple de l’inclusion économique et sociale», a soutenu Jean Baden Dubois, soulignant que le total actif des coopératives se chiffre à 17,7 milliards de gourdes, dont 4,5 milliards de gourdes se concentrent dans le département de l’Artibonite. «Je suis convaincu que le fonds de soutien ouvrira de nouvelles pistes pour les investissements et le crédit qui vont doper l’économie nationale, dans une mesure certaine », s’est réjoui Jean Baden Dubois. Le gouverneur a profité de cette cérémonie de lancement du fonds de soutien pour parler du programme de modernisation des coopératives d’épargne et de crédit (CEC). «Il y a deux coopératives, Koperativ Tèt Ansan pou lavi miyò (KOTELAM) à Port-au-Prince et Koperativ pou lespwa (KOPLES) à Port-de-Paix qui ont accès au système de paiement, PRONAP. Les sociétaires de ces coopératives disposent déjà de carte de débit et de guichets automatiques. Ils peuvent aussi effectuer des transactions dans les ATM de n’importe quelle banque, grâce à l’interopérabilité», s’est félicité Jean Baden Dubois.

Par ailleurs, l’administration Moïse/Jouthe, très optimiste, table sur une sortie de la récession économique, au cours de l’exercice 2020-2021. Le taux de croissance du PIB devrait faire un bond pour atteindre 2,4 %, contre -2,9 % par rapport à l’exercice 2019-2020, a indiqué le Premier ministre Joseph Jouthe qui fait d’autres projections. À la fin du prochain exercice 2020-2021, l’inflation estimée en glissement annuel est à 27,3 %. La projection de recettes fiscales est de 100 milliards de gourdes. La pression fiscale sera de 6,5%, en raison de l’élargissement de la base des comptes nationaux de l’IHSI, et des émissions nettes de trésorerie à 10 milliards de gourdes sont prévues, ce qui constitue «un niveau de financement monétaire compatible aux objectifs de stabilisation du cadre macroéconomique». Selon cette lettre de cadrage, pour «atteindre l’objectif de croissance, le gouvernement opte pour une politique de diversification et de transformation structurelle de l’économie haïtienne, visant à soutenir la base productive et à créer des emplois, sans toutefois négliger l’aspect de mitigation de chocs pour les groupes vulnérables».

Altidor Jean Hervé

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