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D’une mission de paix et d’appui judiciaire, à une mission… politique

Après l’instauration de sept missions successives en Haïti, dont la majorité est destinée au maintien de la paix, l’ONU ne compte pas laisser définitivement le pays. Cette semaine, le numéro 1 de l’organisation a recommandé au Conseil de sécurité de créer une mission politique pour Haïti, pour succéder à la MINUJUSTH qui, elle-même, est au pays depuis 2017, pour un appui à la justice, selon un document parvenu à l’AFP, cité par France 24. Par ailleurs, l’ONU a tenu à saluer la bonne performance de la PNH, au cours des derniers événements politiques causant des moments de troubles graves. La Police haïtienne s’est surpassée, lors des opérations de maintien de l’ordre, au cours des derniers mois. Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, recommande au Conseil de sécurité de créer à l’automne, une mission politique pour Haïti, afin de maintenir un accompagnement international à ce pays, après le départ de ses policiers internationaux, dans un rapport publié cette semaine. «Je me félicite des progrès constants, en matière de développement, accomplis par la force de police nationale qui a eu un comportement professionnel efficace, largement reconnu durant les (récentes) manifestations, ce qui prouve son aptitude à régler les problèmes de sécurité dans le pays», estime Antonio Guterres dans ce document. Elle «sera en mesure d’assumer pleinement ses responsabilités, sur le plan de la sécurité et de la protection d’Haïti, d’ici au 15 octobre 2019, à la fin de la stratégie de retrait sur deux ans» de la mission actuelle de l’ONU, ajoute-t-il. La mission de police de l’ONU en Haïti (MINUJUSTH) compte un millier de personnes. Pour lui succéder, pour une période d’un an et à compter du 16 octobre 2019, avec l’approbation des autorités haïtiennes, «je recommande que le Conseil de sécurité approuve la création d’une mission politique spéciale, sous forme de petit bureau consultatif stratégique, dirigé par un Représentant spécial du Secrétaire général». Elle aurait «pour mandat de proposer de bons offices et de conseiller le Gouvernement dans des domaines précis, comme la réforme politique, les élections, la justice, le système pénitentiaire, le développement de la police, la réduction des violences de proximité et les droits de l’homme», indique Antonio Guterres. À rappeler qu’en 26 ans (1993-2019), Haïti a déjà connu sept missions de l’ONU : MINUHA (1993-1996), MANUH (1996-1997), MITNUH (1997), MIPONUH (1997-2000), MICAH (2000-2004), MINUSTAH (2004-2017) et MINUJUSTH (2017-2019).

 

D’autre part, dans ce dernier rapport, le Secrétaire général de l’ONU a soutenu qu’au cours de 38 manifestations, les forces de l’ordre ont mobilisé des « ressources internes qui dépassaient la capacité opérationnelle normale des unités de la police, chargées du maintien de l’ordre». La police nationale a assuré, de façon de plus en plus autonome, la sécurité dans l’ensemble du pays. La bonne performance dont elle a fait preuve, à l’occasion des récentes manifestations, témoigne de sa force accrue de maintenir l’ordre dans tout le pays, précise le rapport sur l’action de la Mission d’Appui des Nations Unies à la Justice Haïtienne (MINUJUSTH). Selon le rapport, entre décembre 2018 et février 2019, la MINUJUSTH a recensé 205 manifestations dont 38 ont nécessité la mobilisation de ressources importantes des forces de l’ordre. En raison du regain d’activité des bandes criminelles, au troisième trimestre de 2018, la police nationale a élaboré une stratégie d’interventions ciblées, dans les quartiers de Port-au-Prince, du Village de Dieu, de La Saline et, plus récemment, de Savane Pistache. De ce fait, sur 12 opérations majeures, 4 ont été menées par la Police nationale, avec l’appui limité de la Mission, selon ce dernier rapport.

Emmanuel Saintus

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