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« Soyons fiers de nous-mêmes, malgré eux-mêmes »

J’ignore le degré d’authenticité d’un article qui est en train de circuler sur les réseaux sociaux autour de la dégradation de la crise politique ayitienne, par rapport, bien sûr, à ses imminent effets collatéraux, à deux doigts de faire sombrer le pays d’emblée dans une crise humanitaire menaçant même la survie de la population, sans exception aucune de classe sociale ni de catégorie ou élite économique.

 

Rédigé en espagnol, l’article en question est intitulé comme suit :  « Más de 50 mil niños haitianos buscan refugio en RD ¡ Nadie organiza conciertos para ellos!” Il peut littéralement correspondre à la traduction française suivante : “ Plus de 50 000 enfants haïtiens sont sur le point de se réfugier en République dominicaine.  Personne ne leur organise de concerts !”. Il  est publié sur le site web «Libertad Digital ».  S’agit-il d’un geste provenant du cœur ou de l’ego ?  Jusque-là, la plus grande ignorance même du plus commun des Ayitiens, plane dessus.  Cependant, ce dont je suis convaincu, c’est que malgré l’état de délabrement, de déliquescence, de pourriture et d’infamie du pays qui m’a vu naître et grandir, qui m’a éduqué, m’a formé, m’a chéri, jusqu’à devenir un Homme avec un grand H, un Citoyen honnête, conséquent, un professionnel respectueux et respecté, un ami et un frère responsable, un fils éperdument attaché à sa terre natale, pour ce pays de mes rêves, aucun sacrifice n’est trop grand.  S’agissant de son salut, de ma fierté d’être Ayitien, à aucun donné de l’histoire, quelque macabre qu’elle puisse être, ma foi en ce pays n’a été ébranlée .

Toutefois, j’avoue être triste, consterné, déconcerté, frustré et révolté d’assister, moi-même impuissant, à ce qui reste de valeureux de cette nation, au spectacle cauchemardesque dans lequel la plonge cette bande d’incapables et de corrompus.   Comment ont-ils eu l’audace de se présenter parmi nous, à la tête d’un ramassis de brigands ? », pour reprendre les propos de Gustave Aimard dans le roman intitulé « Les Trappeurs de l’Arkansas».   Ont-ils conscience qu’ils conduisent avec eux tout un peuple?  À ce niveau de halte-là qui s’avère plus que nécessaire, permettez-moi, sans la moindre ironie, de faire référence aux paroles célèbres de l’un de nos honorables de la 45e législature.  Et je cite : « … le pays va de «bime» en «bime», jusqu’à l’abîme final».   Mais ils s’en moquent royalement!

 

Sans troubler le repos de l’Empereur ni profaner sa mémoire, je ne peux aujourd’hui, à l’heure si critique de notre histoire de nation et de peuple, qu’honorer sa cosmovision politique et humanitaire, à ma façon.  Haut et fort, aux quatre coins du vent, pour que mêmes les sourds l’entendent, disons avec lui : vu que nous avions osé briser les chaînes du système colonialiste, esclavagiste et ségrégationniste, n’en ayons aucune forme de nostalgie, même pas psychologique.  Soyons libres de part nous-mêmes, pour nous-mêmes, à la face du monde. Enterrons nos haches de querelles, de mesquinerie et d’inconscience qui nous minent du dedans et tournent les uns contre les autres.  L’heure est au dialogue inclusif, franc, honnête et sincère, seul vrai garant de l’Ayiti de demain pour tous, où il fera bon enfin de vivre ensemble comme un État-nation, comme un peuple, prenant en main désormais son destin comme pour l’aboutissement des guerres de libération.  Pour se faire, nous devons, par le dialogue, accepter les divergences de nos façons individuelles de faire, à travers une même vision et une même conviction : celle de l’obligation de faire Renaître et Reluire notre Ayiti Chérie, à la face du monde.  Pour ce faire, nous devons avoir le courage de remuer la plaie par un changement drastique de paradigme: celui de la redéfinition de la femme et de l’homme ayitiens.  C’est de cette seule manière que nos ancêtres seront fiers de nous.  Pour une fois de notre ère, ayons la tête altière, mes frères et sœurs, fiers d’être de cette prodigieuse terre, celle qui a insufflé à l’humanité par le soulèvement général des enclaves le 14 août 1791, par l’acte sublime de la cérémonie du Bois-Caïman, l’espoir d’un monde idéal, meilleur, juste, sans discrimination, ni exploitation, ni imposition.

Soyons fiers de nous-mêmes, malgré eux-mêmes.  Attelons-nous à travailler à sa renaissance, même du fond de ses décombres.  Travaillons, coude à coude, à sa grandeur et à sa prospérité!  Car sa renaissance ne peut être reléguée à demain.  Elle se joue dans l’ici et le maintenant.

24/02/2019

Jean Camille Étienne

Cray.

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