René Préval brade la nation!
Plus
les mois passent, plus se précisent ce que les dirigeants
haïtiens actuels et leurs tuteurs internationaux veulent
faire d’Haïti. Le gouvernement feint de jouer un certain
rôle dans ce qu’il appelle la reconstruction mais
en fait, ce pouvoir n’est qu’une caisse de résonance.
Leur principal rôle est de vendre, afin qu’il n’y
ait pas de casse, la marchandise à la population.
On n’a qu’à entendre le ministre des Finances
Ronald Beaudin pour se faire une idée de ce qui se trame.
« Le plan de la reconstruction de Port-au-Prince élaboré
par la Fondation Prince Charles d’Angleterre sera exécuté
au fur et à mesure de l’avancement des travaux »
a fait savoir, récemment, M. Beaudin. Ou est donc passé
le fameux plan du gouvernement ? Le ministre des Finances a aussi
indiqué que « les grands chantiers seront visibles
au cours du mois de septembre…..et le gouvernement publiera
dans les prochains jours un arrêté déclarant
d’utilité publique le centre commercial de Port-au-Prince.
Les propriétaires d’immeuble seront appelés
à déposer les copies de leurs titres de propriétés
dans le cadre de la procédure d’expropriation. »
Voilà, pas un mot pour les milliers de gens qui habitaient
le centre ville. Propriétaires où locataires. Donc,
c’est de façon très cavalière que le
gouvernement procède. Surtout qu’il se sent à
l’aise après que le Parlement ait voté une
loi d’urgence pour 18 mois et du même coup consacré
la Commission intérimaire pour la Reconstruction (CIRH)
dirigé par l’ancien président nord-américain
William J. Clinton. Alors, si le ministre Beaudin vient d’annoncer
les travaux pour la reconstruction du centre ville en choisissant
le plan de la Fondation Prince Charles d’Angleterre ; c’est
qu’il a été approuvé par la CIRH. Déjà
un projet où les nationaux n’ont aucun contrôle
!
D’autre part, une firme Suisse du nom de PEG S.A. veut réaliser
une raffinerie de pétrole dans le Nord Est, plus précisément
à Fort-Liberté ; une usine électrique à
Cabaret (ouest) et une cimenterie aux Gonaïves (Artibonite).
M. Claude Lambert, PDG de PEG S.A. a fait savoir que la raffinerie
sera alimentée en pétrole brut par l’Arabie
Saoudite. En fait, il est dit que le roi de ce pays n’attend
qu’une lettre du Président René Préval
pour avoir une rencontre et finaliser le projet. Un conseiller
et directeur de PEG S.A. Marc Antoine Destin nous apprend que
« le chef de l’Etat avait déjà écrit
au roi Saoudien en date du 13 février 2009. » (HPN)
Donc, bien avant le séisme du 12 janvier 2010. Maintenant,
le président de la firme PEG S. A. veut rencontrer René
Préval pour finaliser le projet. N’est-ce pas de
la fourberie. Voilà qu’un projet qui était
en « discussion » depuis plus d’un an passe
maintenant pour faire partie de la reconstruction du pays. «
Nous voulons participer au développement économique
du pays. A travers ces projets le pays pourra bénéficier
d’au moins 35.000 emplois » a expliqué le PDG
de la compagnie M. Claude Lambert. Questionnez ce dernier sur
ce que sa compagnie va réaliser effectivement comme profit.
Il ne vous le dira pas. En fait, ce monsieur se fait passer pour
un bienfaiteur au lieu d’être un exploiteur. Et, René
Préval n’en demande pas mieux. Rappelons que c’est
lui, sans l’aval du Parlement en 1996, qui avait liquidé
l’entreprise d’Etat le Ciment d’Haïti.
Depuis lors, le sac de ciment se vend non seulement à un
prix exorbitant, mais la nouvelle compagnie importe du ciment
pour le revendre sur le marché local. M. Préval
avait aussi liquidé l’usine de la Minoterie.
La compagnie internationale PEG S. A. est donc prête à
investir 30 milliards de dollars pour construire une raffinerie
capable de produire 1 million et demi de barils par jour. Et,
d’après M. Marc Antoine Destin, « la plus grande
partie des produits raffinés sera vendue sur le marché
américain. » Voilà ; René Préval
et son équipe aident l’Empire à couper l’herbe
sous les pieds de Caracas. Notons qu’avant le 12 janvier,
avec l’apport financier du Venezuela et l’appui technique
des cubains trois usines électriques fonctionnaient. L’une
dans la commune de Carrefour (ouest), la deuxième aux Gonaïves
(Artibonite) et l’autre au Cap-Haïtien (Nord). On n’entend
plus parler d’elles. Dans les Accords de Petro Caribe, il
était question aussi de recevoir du brut du Venezuela et
des discussions étaient en cours afin de construire une
raffinerie. Ces pourparlers, sont-ils tombés à l’eau
au profit des grandes multinationales ? Il faut aussi comprendre
que dans le cadre de ce bradage du pays, les autorités
hypothèquent aussi l’avenir du pays, bien sûr
selon le vœu de l’impérialisme. « Mis
à part cet investissement de 30 milliards de dollars US,
Haïti va également bénéficier, dans
le cadre de ce projet, d’un prêt de 5 milliards de
dollars » nous apprend M. Destin. Alors qu’on prétend
effacer les dettes bilatérales et multilatérales
vis-à-vis des bailleurs de fonds et des grands pays capitalistes
; on engage le pays plus profondément dans cette spirale.
C’est dans cette même perspective qu’une délégation
de l’Assemblée Parlementaire, dite, paritaire ; Afrique,
Caraïbes et Pacifique (ACP/Union Européenne est en
Haïti du 30 août au 1er septembre. Elle est venue évaluer
l’état d’avancement du processus de reconstruction
et des projets financés par l’Union Européenne.
Point n’est besoin d’indiquer les millions qu’ils
font pleuvoir, soit disant pour le pays et la population, dans
les poches des ONG afin de combattre le chômage chez eux.
Cette délégation a rencontré le président
René Préval afin peut-être de l’évaluer
lui aussi sur les dictats qu’ils avaient reçus.
En tout cas, la priorité de Washington et des autres grandes
capitales du monde qui font main basse sur Haïti ont leur
priorité dans la reconstruction. D’après le
ministre des Finances Ronald Beaudin, les premières grandes
constructions seront « le Convention Center de la Banque
Centrale, le Palais de Justice et le Palais Législatif.
» Ce n’est pas une coïncidence. Il faut contrôler
les finances, la justice et le législatif. Pour la répression,
les occupants sont sur place à travers la MINUSTAH et ils
sont en train de la renforcer avec des policiers israéliens.
Ce qui veut dire que le Mossad, l’équivalent de la
CIA nord-américaine va rentrer en action. S’il ne
l’est déjà ! Entre temps, les soit disant
organisations non-gouvernementales font ce qu’ils veulent
et continuent à maintenir la population dans l’assistanat,
disons la mendicité afin qu’elle ne se mobilise pour
faire échec au plan de l’Empire. Et, de leur côté,
les vendeurs de patrie amusent la galerie, pour faire avaler la
pilule amère, avec un processus électoral que tous
les avertis savent d’ores et déjà que les
jeux sont faits.
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