Excès de zèle de Gabriel Fortuné

Le maire des Cayes, Jean Gabriel Fortuné, le mardi 3 octobre 2017, a appelé les citoyens de la 3e ville du pays, à utiliser toute sorte d'armes pour faire face aux manifestants anti-budget et pour pouvoir emmener leurs enfants à l'école. « Il y en a qui possèdent un bâton, d'autres une machette ou encore une arme à feu, s'il faut les utiliser pour défendre le droit des enfants d'aller à l'école, qu'ils le fassent, » a lancé, furieux, celui qui est considéré comme le premier citoyen des Cayes. Tous ces appels à la violence sont fondés sur le fait que l'éducation est le plus grand bien qu'un parent puisse offrir à son enfant. Jean Gabriel Fortuné a fait ces déclarations au lendemain d'une manifestation émaillée de violences, organisée dans le cadre des protestations contre le budget 2017-2018. Des milliers de manifestants avaient lancé des pierres contre la police, après que celle-ci eut fait un usage jugé abusif de gaz lacrymogènes contre eux, notamment dans le quartier de la Savane, indisposant plusieurs jeunes dans leurs écoles. Cette déclaration, interprétée comme un appel à la violence lancé par le maire des Cayes, fait sortir le sénateur du Sud, Jean-Marie Junior Salomon, de ses gonds. « C'est une déclaration incendiaire qui incite à la violence et à la guerre civile », lance le sénateur du Sud. Selon le vice-président du Sénat, la violence que prône Jean Gabriel Fortuné « n'est pas un bon instrument en politique ». C'est plutôt la preuve « du terrorisme d'État », croit-il. Ainsi, se basant sur le fait que la loi se veut une pour tous, le vice-président du grand Corps souligne à l'intention du maire de sa ville : « Du temps (où) Jean-Marie Salomon (était) commissaire de gouvernement, monsieur (Fortuné) aurait été interpellé et la justice aurait sévi contre lui ». Jean-Marie Junior Salomon appelle l'actuel commissaire du gouvernement « quoi qu'il ne soit pas en odeur de sainteté pour sa propre personne », à assumer sa responsabilité et de mobiliser l'action publique, contre le maire de la ville. Ce, « même si Gabriel Fortuné pourrait être son patron ».   Une pluie de critiques, de dénonciations et de rejets s'abat sur le maire des Cayes, Jean Gabriel Fortuné, depuis les propos virulents et incendiaires qu'il a débités, à la suite d’une manifestation où des milliers de personnes ont protesté contre le budget 2017/2018 et ont appelé au départ du président Jovenel Moïse. L'ancien agent intérimaire de la commune des Cayes, Jean Frantz Thélusma, a fait savoir que Gabriel Fortuné ne doit plus être considéré comme le maire de la ville, mais comme un chef de gang qui s'est attaqué à des gens qui ne sont pas de son acabit. Le Sud est menacé par Gabriel Fortuné qui a des dossiers pendants devant la justice, a dit M Thélusma qui l'accuse de distributions d'armes et d'argent pour recruter partout des gens, en vue de manifestations pro-budget. Le réseau Sud pour les droits de l'homme appelle le maire à mettre de l'eau dans son vin. Son directeur exécutif, Lionel Myrtil, estime que les propos de M. Fortuné sont susceptibles de créer une vague de violences dans la ville. Pour sa part, l'ancien candidat à la mairie des Cayes, Aburd Antoine, accuse le maire des Cayes d'être irresponsable. Pour lui, M Fortuné n'est pas à la hauteur de ses responsabilités, puisqu'il cherche à mettre la vie des familles en danger. Gabriel Fortuné est maintenant, selon lui, aussi conflictuel et contesté que le budget.   Pour le sénateur Antonio Chéramy, réagissant à une accusation l’associant au meurtre de Jacques Roche, « Jean Gabriel Fortuné est habitué à lâcher de tels bobards. S’il peut prouver que j’ai tué Jacques Roche, qu’il le fasse. Je connais les vagabonds qui l’ont tué. Ils circulent à longueur de journée dans la ville ». L’élu de l’Ouest affirme n’avoir eu, dans son parcours d’artiste engagé et de militant politique, aucun lien d’amitié ou aucune accointance avec des kidnappeurs, des voleurs et des contrebandiers. « M pa janm konn nan volè ak yo », lâche-t-il, indiquant que les propos de Jean Gabriel Fortuné visent à l’intimider et à détourner l’attention de la population des Cayes sur la question du budget. « Il est dans le pétrin avec la population, il ne sait plus quoi faire ». Le sénateur de l’Ouest se dit d’ailleurs prêt et ouvert à toute enquête judiciaire voulant faire la lumière sur cet assassinat. « Le Sénat peut même enlever mon immunité ». Aucune poursuite des autorités de la justice ne lui fait peur. Le sénateur demande aux habitants des Cayes de rester mobilisés et de poursuivre la lutte.   Il faut dire que le maire Fortuné n'est pas à ses premières déclarations de guerre. Au début du mois d’août, il avait indiqué que le journaliste Jean Nazaire Jeanty de Radio Lebon FM et correspondant de Caraïbes FM à Port-au-Prince, méritait la mort pour avoir fait un reportage dans lequel il dénonçait l'état d'insalubrité de la plage de Gelée, à quelques jours de la fête patronale de la 3e ville du pays. Le maire avait redit, a plusieurs reprises, que le journaliste méritait de mourir pour ses propos et que, s'il y avait un service d'intelligence fonctionnel dans la ville, il n'aurait pas besoin de recevoir des ordres pour faire disparaitre le journaliste. Ce dernier avait porté plainte au parquet des Cayes contre le maire Fortuné, très proche du président Jovenel Moïse, pour menaces de mort, mais l'affaire allait prendre plusieurs semaines avant d'être entendue par le commissaire du gouvernement. Et puisque M. Jeanty ne s'était pas présenté à une pseudo audience à laquelle il affirme d'ailleurs n'avoir pas été convié formellement, l'affaire a été classée sans suite. Et le maire Gabriel qui se croit être l’Ange Gabriel, continue sans ambages ses excès de zèle…
Publier le : 14/10/2017   Auteur : Emmanuel Saintus

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