Grève : désaccord entre les syndicalistes…

« Il n’est pas question de baisser pavillon », ont crié haut et fort le président Jovenel Moïse et son équipe. Les mouvements de protestation contre le Budget « criminel » 2017-2018 dans diverses régions et grandes villes du pays, notamment à la capitale, Port-au-Prince, les mouvements de grèves ne sont pas parvenus à faire reculer Jovenel Moïse et son équipe gouvernementale. Ces derniers jours, la tension montait d’un cran dans diverses régions du pays pour réclamer le retrait de la loi de finances 2017-2018. La division au sein des groupes syndicaux a handicapé le mouvement de grève dirigé par les syndicats des transports. Le Mouvement unifié des Transporteurs haïtiens a maintenu son appel à la grève, le lundi 2 et le mardi 3 octobre alors que , Montès Joseph, le responsable de l’Association syndicale Front unifié des Transporteurs et des Travailleurs d’Haïti a annoncé que le mot d’ordre de grève lancé pour lundi 2 et mardi 3 octobre dans le transport en commun était levé, à la suite de trois (3) concessions faites sur des mesures prévues dans la loi de finances 2017-2018, par le Chef de l’État, à l’issue de plusieurs réunions avec la Commission nationale pour la modernisation du transport en commun, au cours desquelles des syndicats de transport en commun ont été représentés. « Ces concessions portent sur : la suppression d’une imposition forfaitaire sur le revenu de 10 000 gourdes ; le retrait des augmentations du montant des contraventions (retour aux anciens montants) ; la réduction de 1 000 gourdes à 250 gourdes par an, du coût d’un matricule fiscal digitalisé pour tous les chauffeurs journaliers, des mesures confirmées dans un mémorandum signé par le ministre de l’Économie. Concernant le coût du permis de conduire, selon nos informations, les pourparlers se poursuivent entre les représentants syndicaux et ceux du gouvernement », a dit Montès Joseph. Si ce responsable de syndicat (Montès Joseph, un employé du Palais national) estime que le président Moïse a fait des concessions significatives, d’autres exigent le retrait de la loi de finance et sont divisés sur la levée du mot d’ordre de grève, comme le Mouvement unifié des transporteurs haïtiens qui avait maintenu le mot d'ordre de grève. « [...] Nous autres, syndicats du transport en commun, nous ne sommes plus en grève », a conclu Montès Joseph. Dans la même lignée, le samedi 30 septembre 2017, des milliers de personnes ont manifesté à Port-au-Prince et dans les communes avoisinantes (Delmas et Pétion-Ville) pour exiger le retrait du budget 2017-2018 et le départ du chef de l’État, Jovenel Moïse. La manifestation a dégénéré dans la violence, lorsque les manifestants, arrivés à Pétion-Ville, ont été pris en chasse par des individus qui lançaient des pierres contre les manifestants. En colère, malgré la présence des agents du Corps d’Intervention et de Maintien d’Ordre (CIMO), des individus ont brisé plusieurs vitrines de commerces et des pare-brises de plusieurs voitures. Des pierres et des tessons de bouteilles ont également été lancés sur certains bâtiments. Les manifestants ont également érigé plusieurs barricades, bloquant la circulation. Des tirs sporadiques ont été rapportés dans le quartier de Juvénat. Les forces de l’ordre ont dû faire usage de grenades lacrymogènes pour disperser la foule de manifestants très motivés. Plusieurs blessés ont été rapportés. De nombreuses arrestations ont eu lieu. Une partie des manifestants a tenté de rejoindre le Centre-ville mais se sont heurtés à une résistance musclée des agents de CIMO sur le Champ-de-Mars, qui ont fait un usage intensif de gaz lacrymogène... provoquant des scènes de panique et occasionnant des inconvénients respiratoires chez de nombreux résidents... Les membres de l’opposition ont dénoncé les actes de violences, arguant une infiltration de la marche pacifique par des hommes du pouvoir en place, pour provoquer des troubles et accuser l’opposition de désordre. Le mercredi 27 septembre à Ouanaminthe (Nord-Est), une zone considérée comme le fief du Chef de l'État, à l’initiative de la Centrale Nationale des Ouvriers Haïtiens CNOHA, du Groupement syndical des travailleurs du textile pour la réexportation et de la « Platfòm Sendikal Izin Tekstil-Batay Ouvriye », plusieurs milliers d’ouvriers de la Compagnie de Développement Industriel (CODEVI) ont manifesté dans la ville et plus particulièrement devant le siège de la Direction Générale des Impôts (DGI). Les manifestaient protestaient contre les mesures contenues dans le budget 2017-2018 qualifié « d’anti peuple » et plus particulièrement sur la taxe de 13% (10% pour l’impôt sur le revenu, 1% pour la Caisse d’assistance, 1% pour le Fonds d’urgence et 1% pour le Fonds des Collectivités territoriales) qui sera prélevée à compter du 6 octobre prochain sur leur salaire. Rappelons que le salaire minimum des ouvriers de la sous-traitance a été fixé à 350 gourdes par jour (Article 4 segment F) soit 15 gourdes d’augmentation pour 45 gourdes de moins en taxes. Tout au long de la manifestation, des slogans hostiles au gouvernement et contre le président Moïse ont été lancés par les manifestants très motivés qui exigeaient le retrait des mesures contestées. La police a tiré en l’air pour disperser les manifestants et lancé des gaz lacrymogènes, 2 manifestants ont été arrêtés par la police à proximité de la DGI. 10 personnes ont également été blessées dont 2 par balles lors de cette journée de manifestation, selon le Syndicat d’ouvriers de CODEVI (SOCOA) qui exige l’ouverture d’une enquête pour faire toute la lumière sur ces incidents et l’usage excessif de la force par les policiers... Les ouvriers menacent d'organiser d'autres manifestations si le gouvernement ne revient pas sur ses décisions, rappelant que durant les 13 dernières années, aucune taxe n’a jamais été prélevée sur le maigre salaire des ouvriers... En plus, le jeudi 28 septembre, au lendemain d’un arrêt de travail de 3 jours contre le budget, observé par 48 mairies, le président Jovenel Moïse, accompagné de Max Rudolph Saint-Albin, le ministre de l'Intérieur et des Collectivités territoriales, s’est entretenu au Centre de convention de la Banque de la République d'Haïti (BRH), avec les cartels municipaux de la République, autour des difficultés que confrontent les maires, dans l’accomplissement de leurs missions, en vue d'harmoniser les vues entre le pouvoir central et les collectivités, au bénéfice du développement réel d'Haïti, et éviter qu’un mouvement de contestation ne se répande à travers les mairies du pays.... Cette rencontre qui s'est déroulée en présence des différents délégués départementaux et de plusieurs hauts cadres de l'Administration publique, a tenu lieu de plateforme d'échanges entre les Maires et le Chef de l'État. Le Chef de l’État a promis d’organiser un rassemblement (sans la presse) autour des problèmes des collectivités territoriales avec les sénateurs, députés, maires, Assemblées de sections communales (ASEC) et les Conseils d’Administration de Sections Communales (CASEC). Il a également promis un véhicule 4X4 pour chaque mairie, afin de faciliter les déplacements des élus municipaux, assurant que les fonds sont dans le budget. Il a aussi promis que ces 140 véhicules seront disponibles dès ce mois d’octobre. Par ailleurs, il a promis une motocyclette pour chaque cartel (570 au total) d’Assemblée de section communale (ASEC) pour améliorer les conditions de vie des élus locaux...
Publier le : 08/10/2017   Auteur : Emmanuel Saintus

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