La contestation des maires oblige

Environ une cinquantaine de mairies des départements du Nord, du Nord-Ouest, du Nord-Est, de l’Ouest, du Sud-Est, entre autres, ont fermé leurs portes durant trois jours. Ce, en signe de protestation contre des dispositions de la nouvelle loi des finances qui, selon ce que dénoncent les maires, sont préjudiciables à ces collectivités. Quoique membres de la Fédération nationale des Maires haïtiens (FENAMH), les maires protestataires n’ont pas utilisé cette structure pour porter cette requête. Le mouvement de protestation contre le budget 2017-2018 a tendance à prendre d’autres tournures. À cet effet, cette semaine, ce sont des élus locaux qui se sont engagés dans l’offensive contre le budget 2017-2018. Du lundi 25 au mercredi 27 septembre, environ une cinquantaine de maires ont décidé de fermer les portes de leur mairie. Parmi les mairies concernées, figuraient celles de l’Arcahaie, Grand-Goâve, Petit-Goâve, Mirebalais, Anse-à-Galet, Pointe-à-Raquette et Petite-Rivière de l’Artibonite, entre autres. Les édiles de ces différentes communes reprochent à la loi de finances de ne pas allouer assez de ressources aux municipalités. Par ailleurs, la mairesse de l’Arcahaie, Rose-Mila St-Vil Petit-Frère, en conférence de presse hier lundi, a soutenu que certaines prévisions du document fiscal, voté par le Parlement et publié par l’Exécutif, violent l’article 217 de la version amendée de la Constitution de 1987. Selon elle, « il revient aux mairies de contrôler les fonds communaux et la taxe annuelle de la contribution foncière des propriétés bâties (CFPB) ». La mobilisation des maires pourra compter sur un soutien non moins important : Francenet Dénius, président de la Commission Intérieur et Collectivités territoriales qui la juge « fondée ». Le sénateur Dénius, cité par RFM, estime que des correctifs doivent être apportés en ce qui a trait à la gestion des fonds attribués aux collectivités territoriales. En annonçant la réouverture des mairies, le mercredi 27 septembre lors d’une conférence de presse donnée au ministère de l’Intérieur, les mairies grévistes n’ont pas manqué de critiquer la structure dirigée par le maire de Carrefour, Jude Edouard. Ainsi, Rose-Mila St-Vil Petit-Frère, mairesse de l’Arcahaie, a dénoncé l’immobilisme de la FENAMH. « Cette fédération ne fait que croire aux fausses promesses du gouvernement. Rien de concret n’a été fait malgré plusieurs rencontres. Nous sommes encore membres de cette fédération mais nous nous regroupons en parallèle afin de lutter pour nos droits », a-t-elle dit. Sans langue de bois, Rose-Mila St-Vil Petit-Frère affirme que la FENAMH « n’a pas les capacités de regrouper toutes les mairies derrière la lutte pour le respect de ce qui leur est dû ». Le jeudi 28 septembre, Le chef de l’État a tenu une rencontre importante avec les maires du pays, au Centre de Convention de la BRH après trois journées de grève entamée par ces autorités municipales. Alors que des organisations et leaders politiques regagnaient les rues et relançaient trois autres journées de manifestations (28, 29 et 30) pour continuer d’exiger le retrait du président sur la « probable » rentrée en vigueur de la loi de finances 2017-2018, Jovenel Moïse rencontrait pour sa part plusieurs maires du pays au Centre de Convention de BRH (Centre-ville de Port-au-Prince). « Cette rencontre, lit-on sur le compte Twitter officiel du ministère de la Communication, participe de la volonté du pouvoir en place, de promouvoir la gouvernance participative en impliquant les collectivités ». Cette rencontre survient quelques jours après que plusieurs mairies (50 au total) aient décidé de fermer leurs portes pour protester contre le budget qui n’alloue pas assez de ressources aux municipalités. Ce jeudi 28 septembre, le président a pris le chemin du dialogue. Plusieurs autorités du gouvernement (ministres et directeurs généraux dont celui de la Communication, Calvin Cadet) Moïse-Lafontant ont participé à ce meeting qui revêt une importance capitale pour la vie démocratique du pays. « La démocratie inclusive et participative passe nécessairement par l’écoute, étape incontournable pour l’instauration du dialogue permanent », indique le compte. C’était l’occasion pour les maires d’adresser leurs doléances au chef de l’État qui prône le Tèt ansanm pour résoudre les problèmes. « Le développement doit venir des collectivités. Nous sommes en train d’utiliser les moyens matériels et humains dont dispose l’État. Les résultats sont prometteurs. Dialoguer avec tous les secteurs, dans le respect mutuel, et pour celui de la Constitution, au profit de la collectivité, est nécessaire », a fait comprendre le premier citoyen du pays.
Publier le : 08/10/2017   Auteur : Emmanuel Saintus

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